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Historique

Au 12ème siècle, le village devait s'appeler Rivorium, au 13ème siècle Rivoria, au 14ème Ruery. En 1437 on trouve Rueria. A l'origine le mot latin robur nous permet d'imaginer que les chênes rouvres devaient marquer le paysage où notre village est né.

Rueyres-les-Prés s'harmonise entre douceur et violence. Le calme froid et mystérieux du brouillard qui l'enveloppe de ses féeries et la fougue des vents jurassiens, c'est un peu les lignes de force du paysage intérieur de ses habitants.

Rueyres-les-Prés, qui domine la vallée de la Broye, bien assis sur l'un des derniers soubresauts du Vully, a surgi de ce que fut un lac, puis un marais. Patiemment, il a apprivoisé la nature sans trop se faire remarquer par les historiens. Pourtant, pour trouver ses origines, il faut rebrousser chemin très loin dans le temps.

 C'est en 1349 que l'on en parle pour la première fois dans les archives de la Chapelle de Saint-Loup. On sait également que le village faisait partie de la Seigneurie d'Estavayer, que ses habitants sont ressortissants de cette ville depuis la plus haute antiquité. En 1487 Rueyres, qui dépendait des sires d'Estavayer, seigneurs de Motte-Châtel, devint propriété de Bernard de Gléresse, époux d'Isabelle, fille d'Henri, seigneur d'Estavayer décédé sans laisser d'héritier mâle.

Jusqu'à la Réformation, c'est le curé de Carignan, à l'époque Dompierre-en-Vully, qui venait célébrer la messe, les jours de fête et les dimanches. Ensuite le clergé d'Estavayer, patron et collateur de la paroisse s'en chargea. Vers 1630, la population, sans prêtre pendant la semaine, désira qu'un curé s'installât dans le village. Il fallait acheter une maison pour le loger et créer le bénéfice curial. Les registres des naissances et des baptêmes furent établis dès 1633. C'est certainement cette année-là que le premier prêtre arrive, grâce aux paroissiens qui se réunirent en assemblée et offrirent généreusement des pièces de terre et des rentes en argent.

EgliseEn 1757 l'église fut enfin surmontée d'une tour. Jusque-là, elle ne devait pas être très riche. En 1453 les délégués de l'évêque, en visite, ordonnèrent plusieurs réparations étonnantes. Ils demandèrent par exemple de fabriquer deux chandeliers en bois, de les peindre et de les garnir de fer, de paver ou de planchéier la terre nue de la nef, de clore le cimetière. On construisit le clocher, sans frais pour la commune. Ceux qui avaient des attelages conduisirent gratuitement les pierres des carrières de la Molière. Les autres faisaient la corvée.

En 1792 l'Etat de Fribourg acheta la seigneurie de Rueyres qui avait passé dans les mains d'une liste impressionnante de propriétaires dont les familles de Pontherose, puis de Diesbach qui céda Rueyres à Fribourg pour 2100 couronnes. Allez savoir ce que cette somme représentait et à quel prix on nous acheta !

Il faut attendre 1847 pour une restauration importante de l'église. Elle fut consacrée par Mgr Marilley que la population accueillit par un triomphe. Les décennies suivantes virent la constitution d'un fonds de bâtisse pour un agrandissement de plus en plus nécessaire. Et ce fut le drame de l'Epiphanie 1934. L'incendie ravagea la sacristie et une partie du chœur.

M. Dumas, l'architecte des églises, remit en état l'édifice. L'intérieur fut complètement transformé et le clocher reconstruit ; l'artiste Beretta représenta le patron, Saint-Loup, par une composition sur bois qui domine le maître-autel et fit toute la décoration intérieure. L'orfèvrerie est de Feuillet, la ferronnerie de Brandt, tandis que Gaston Thévoz réalisa le chemin de croix en céramique.  En 1966, l'artiste fribourgeois Yoki créa les vitraux et en 1971 l'orgue à deux claviers de Dumas se mit à chanter sous la voûte.


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